vendredi 8 janvier 2016

Tichodrome échelette en Anjou


Un oiseau montagnard hiverne en Anjou!
Fontevraud, Baugé, Saumur, Montjean, Chalonnes: 5 Tichodromes observés

                                                                                               crédit photo: Jean Claude Beaudoin

Littéralement "Coureur des murailles ", le Tichodrome échelette est un passereau singulier. 
De la taille d'un Moineau, il est l'unique représentant de la famille des Tichodromidés, famille proche de celles des Grimpereaux et des Mésanges. 
Il habite en période de nidification les falaises des massifs montagneux qui s'étendent des Pyrénées aux Alpes et jusque dans la chaîne de l'Himalaya. Dans les Alpes il occupe une vaste tranche d'altitude comprise entre 400 et 3 300 mètres. Grâce à ses pattes pourvues d'ongles acérés et fortement recourbés, le Tichodrome progresse sur tout type de paroi et son bec mince et allongé s'insinue dans la moindre fissure pour prélever insectes et araignées.

En dehors de la saison de reproduction le Tichodrome effectue des mouvements de transhumance qui l'amène à visiter les contreforts des massifs et même, pour une petite fraction, à se disperser jusqu'en plaine à plusieurs centaines de kilomètres des zones de montagnes. 

C'est ainsi qu'il est signalé en Maine-et-Loire comme un hivernant rare, le plus souvent isolé, par les naturalistes du début du XIXe siècle qui l'observent sur divers monuments - châteaux, tours, églises - et sur de grands rochers du Val de Loire. Au cours de ces dernières années les ornithologues de la LPO Anjou ne l'avaient pas contacté depuis février 2012, époque où un individu avait séjourné dans une carrière proche de Montjean-sur-Loire.




A l'automne 2015 un Tichodrome est repéré le 28 octobre sur l'abbaye de Fontevraud mais n'y demeure pas. Cinq jours plus tard un individu est découvert à proximité du pont Cessart à Saumur . Peu après, un autre est découvert dans une carrière voisine de Montjean-sur-Loire puis, en décembre, deux autres Tichodromes sont localisés, l'un à Montsoreau et l'autre à Baugé. Enfin un probable cinquième est trouvé dans une carrière proche de Chalonnes-sur-Loire.
 Depuis les années 1960 un tel niveau d'abondance n'a jamais été signalé par les ornithologues angevins et il semble que, cet hiver, la palme du nombre de ces oiseaux dans les plaines du centre-ouest revienne au Maine-et-Loire puisqu'il n'en est mentionné que deux enLoire-Atlantique et un ou deux en Vienne.
                                                                                             Jean Claude Beaudoin


Les différents découvreurs ont aimé partager leurs observations et guider leurs collègues ornithologues, mais également des dizaines d'observateurs occasionnels. Des passants intrigués par tant de regards vers le pont, les murs des monuments  ne voyaient pas au premier abord un si petit oiseau au vol papillonnant. et à la couleur grise. Ils ont pu découvrir cet oiseau des montagnes et voir dans les longues-vues des ornithos sa belle couleur rouge quand il ouvre les ailes!

 plus de détails en temps réel sur la base de données collaborative Faune Anjou
<http://www.faune-anjou.org/>